Le tourisme contribue de manière significative aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, et sa croissance accélérée préoccupe. Entre 2009 et 2019, les émissions touristiques ont augmenté en moyenne de 3,5% par an, atteignant 5,2 Gt en 2019.
En France, le secteur représentait près de 11% des émissions nationales avec environ 97 millions de tonnes en 2022. Les chiffres poussent à définir des priorités claires pour réduire l’empreinte carbone des vacances et des trajets.
A retenir :
- Vols internationaux longs-courriers, majeure source d’émissions à limiter
- Transport terrestre et véhicules privés, priorité pour une mobilité verte
- Hébergement et restauration, améliorations énergétiques et recours aux renouvelables
- Mesure systématique du bilan carbone, transparence pour voyages responsables
Mesurer l’empreinte carbone du tourisme
Après les points clés, la mesure précise de l’empreinte carbone devient indispensable pour orienter les actions. Les méthodes combinent données d’activité, facteurs d’émission et allocation sectorielle pour produire un bilan fiable.
Catégorie
Émissions (Gt CO2e)
Part du total
Émissions directes (transport)
1,8
≈35%
Aviation (≈52% des directes)
≈0,94
≈18%
Transport routier (directes 18%)
≈0,32
≈6%
Véhicules privés
0,9
≈17%
Émissions indirectes (services, production)
2,5
≈48%
Méthodes et données :
- Collecte des consommations énergétiques et distances parcourues
- Application de facteurs d’émission sectoriels et mise à jour régulière
- Allocation des émissions entre activité touristique et usage local
- Vérification externe et transparence des hypothèses centrales
Selon Nature Climate Change, la modélisation intégrée permet d’identifier les principaux déterminants des émissions touristiques. Selon l’ADEME, ces bilans facilitent la priorisation des réductions d’empreinte carbone.
Standards et protocoles de calcul
Ce point s’inscrit dans la nécessité d’homogénéiser les méthodes pour comparer les résultats. Les standards ISO et protocoles spécialistes servent de cadres pour assurer la cohérence des calculs.
- Normes ISO pertinentes pour le comptage des GES
- Guides sectoriels pour hôtels et agences de voyage
- Plateformes numériques standardisant les facteurs d’émission
- Audit indépendant pour validation des bilans publiés
« Nous avons commencé à comptabiliser chaque vol et chaque nuitée pour améliorer nos choix. »
Claire L.
Cas pratique : bilan d’une agence locale
Ce cas illustre l’application concrète des méthodes de calcul dans une petite structure touristique. L’agence a intégré suivi des trajets clients, consommation énergétique et achats pour produire un bilan annuel.
- Collecte des réservations et distances par type de transport
- Conversion en émissions via facteurs validés par tiers
- Identification des postes émissifs prioritaires
- Plan d’actions ciblé et reporting annuel transparent
Selon une étude récente, la transparence des bilans améliore la confiance des clients et facilite l’accès aux financements. Cette mise en ordre prépare le débat sur la réduction des déplacements, sujet du paragraphe suivant.
Réduire les émissions liées aux déplacements touristiques
Ce point découle de la mesure précise des émissions et vise à cibler le transport, principal poste émissif du tourisme. Les décisions d’aménagement, d’offre et de politique influent directement sur la réduction des trajets carbonés.
Selon Nature Climate Change, freiner la croissance de la demande aérienne peut produire des bénéfices climatiques et sociaux significatifs. Selon l’ADEME, le report modal et la mobilité verte restent des leviers concrets à déployer.
Moyens opérationnels :
- Développement du rail et liaisons intermodales accessibles
- Subventions ciblées pour bus électriques et infrastructures de recharge
- Offres commerciales favorisant séjours de proximité et durables
- Taxation différenciée pour inciter à réduire les vols courts et longs
Objectif aviation et alternatives au vol
Ce sous-volet conserve le focus sur l’aviation, qui reste un défi majeur pour les réductions. Les alternatives incluent le train longue distance, le télétravail pré-séjour et la promotion des séjours locaux.
- Promotion du train et temps de trajet optimisé
- Offres combinées train+hôtel pour voyages courte et moyenne distance
- Incitations pour réduire les vols d’affaires non essentiels
- Compensation ciblée et investissements dans carburants alternatifs
« Nous privilégions désormais des circuits en train et des séjours plus longs pour diminuer l’impact. »
Mathieu R.
Un tableau synthétique montre l’impact relatif des choix de transport sur l’empreinte carbone des voyages. Cette synthèse conduit naturellement à détailler la mobilité terrestre et ses solutions.
Mode
Part approximative
Effet attendu
Avion (vols long-courriers)
40% du transport touristique
Réductions importantes par report modal
Train et transports collectifs
Croissance souhaitable
Fort potentiel de baisse d’émissions
Véhicules privés
Part significative
Électrification et covoiturage utiles
Modes doux (vélo, marche)
Usage local
Faible émission, bénéfices santé
Ottoyoutube explicatif :
La vidéo ci-dessous illustre des solutions concrètes de mobilité durable appliquées au tourisme européen. Elle présente des retours d’expérience d’opérateurs ayant réduit les émissions de leurs offres.
Gouvernance, labels et engagement des acteurs
Ce chapitre traite des cadres institutionnels et des outils de marché pour soutenir les pratiques plus durables. La gouvernance publique et privée conditionne la vitesse et l’ampleur des changements possibles.
Selon l’IPCC, la coopération multilatérale et les mécanismes de financement sont essentiels pour atteindre les objectifs climatiques. Selon Nature Climate Change, les politiques sectorielles doivent éviter d’aggraver les inégalités entre pays.
Instruments disponibles :
- Labels écologiques pour hébergements et activités touristiques
- Tarification carbone ou fiscalité verte sur certains billets
- Subventions pour rénovation énergétique des infrastructures
- Formation professionnelle pour pratiques durables
Politiques publiques et financement verts
Ce volet montre comment les autorités peuvent orienter les investissements vers la décarbonation du tourisme. Les fonds publics et privés peuvent couvrir renouvelables, mobilité verte et amélioration d’efficacité énergétique.
- Plans d’investissement pour infrastructures faibles émissions
- Aides à l’acquisition de véhicules électriques pour services touristiques
- Financement de la rénovation énergétique des hôtels et campings
- Mécanismes de microcrédit pour initiatives locales durables
« Les aides publiques nous ont permis d’installer des panneaux solaires et d’attirer une clientèle eco-consciente. »
Sophie B.
Certifications, comportements et Green Travel France
Ce point étudie l’impact des labels et des comportements individuels sur l’offre touristique durable. Les certifications peuvent valoriser les établissements engagés en faveur du tourisme durable.
- Labels reconnus, critères stricts et transparence des pratiques
- Communication claire pour encourager les voyages responsables
- Offres promouvant Séjours Eco-Conscients et EcoTourisme
- Incitations à Voyager Autrement et à la Mobilité Verte
« Agir pour le climat nous a conduits à refondre toute notre offre vers le zéro carbone. »
Laurent M.
Pour soutenir cet engagement, des plateformes suivent et publient les bilans des acteurs, facilitant le choix des consommateurs. Ce suivi rend possible une gouvernance plus efficace et mieux ciblée.
Ottoyoutube pédagogique :
La deuxième vidéo présente des initiatives réussies de destinations ayant réduit leur empreinte carbone par des politiques intégrées. Les témoignages montrent l’importance d’un engagement collectif et de labels crédibles.
« La prise de conscience collective s’accroît, et les clients demandent maintenant des séjours eco-conscients. »
Élodie P.
Source : Nature Climate Change ; ADEME ; IPCC.